Albert Jacquard nous en livre sa philosophie
« Rien ne sert de camoufler
les tensions qui nous opposent à nous-mêmes ou de nier les conflits qui
surgissent au cours de nos rencontres. Tendre vers la paix, c’est utiliser ces
tensions pour alimenter notre sérénité , c’est profiter de ces conflits
pour nous enrichir de la vision de l’interlocuteur. La paix n’est pas une
réalité que l’on s’efforce de perpétuer, elle est un horizon vers lequel on se
dirige.Il ne faut pas éviter les affrontements mais faire de ceux-ci une
occasion de rencontre en comprenant avec ce mot une lutte « front à
front » c'est-à-dire intelligence face à l’intelligence et non une lutte
force contre force.
Comment vivre ensemble ? Toute
vision angélique empêche la lucidité : il faut d’abord être réaliste. Il
est difficile de vivre avec les autres.
Mais ce constat doit être
accompagné d’un autre constat tout aussi réaliste : il est impossible de
devenir soi sans les autres. Cette prise de conscience est nécessaire.
La paix n’est pas un état stable
qu’il suffirait de figer, elle est dynamique, un processus s’efforçant sans
relâche d’éviter les actes destructeurs. Cela suppose une veille, une volonté
permanentes.
On ne peut transformer la société
sans se transformer soi-même : la paix collective et la paix intérieure,
la sérénité, sont liées.
L’égocentrisme ferme toutes les
portes. Le refus de la différence ne favorise pas la paix sociale. L’aventure
de chaque vie a pour matériau, pour source de dynamisme, les rencontres
successives. Il faut apprendre à percevoir l’intrusion de l’autre dans notre
vie comme une chance plus que comme un danger, et une chance autant pour lui
que pour moi.
Le plus grand danger est
actuellement la généralisation du rêve occidental de réussite individuelle
d’une vie conçue comme une lutte contre les autres. Le moteur de chacun est la
compétition, ce qui exclut une véritable paix ».
Albert Jacquard -Nouvelle petite philosophie-
Bien sérieux toutes ces réflexions, allons, un
sourire !
Un sourire ne coûte
rien et produit beaucoup, il enrichit ceux qui le reçoivent sans appauvrir ceux
qui le donnent. Il ne dure qu’un instant, mais son souvenir est parfois
éternel.
Personne n’est assez
pauvre pour ne pas le mériter. Il crée le bonheur au foyer, il est le signe
sensible de l’amitié.
Un sourire donne du
repos à l’être fatigué, rend du courage aux plus découragés. Il ne peut ni
s’acheter, ni se prêter, ni se voler, car il ne prend sa valeur qu’en se
donnant.
Et si quelquefois
vous rencontrez une personne qui ne sait plus sourire, soyez généreux, donnez
lui le vôtre.
Car nul n’a autant
besoin d’un sourire que celui qui ne peut en donner aux autres. |