Pas dans l’immédiat, mais il y a susceptibilité à l’environnement...
Mise en ligne le 07/03/2009 - Dernière mise à jour le 07/03/2009
Nathalie Koscinsko-Morizet, secrétaire d’état chargée
de l’écologie explique
« Si l’humanité n’est pas menacée dans l’immédiat
il y a une susceptibilité inquiétante à notre environnement. L’augmentation des
cancers des testicules, la diminution du nombre des spermatozoïdes, la
multiplication des anomalies de l’appareil reproducteur masculin corroborées
par les recherches sur le monde animal (féminisation des poissons,
malformations chez les alligators…) ont de quoi nous alerter. Aujourd’hui un
jeune Danois sur cinq a un sperme de mauvaise qualité. D’ailleurs tout le monde
est concerné directement ou dans un proche entourage par ces problèmes de
stérilité. Les chercheurs ont mis en évidence que les perturbateurs
endocriniens ont un impact sur cette baisse de fertilité.
Lorsque j’étais présidente du groupe parlementaire
santé et environnement en 2003 j’avais déjà travaillé sur l’impact des produits
chimiques sur la fertilité humaine. En tant que ministre, profitant aussi de la
présidence française de l’Union Européenne, j’ai souhaité relancer cette
question et faire évoluer le débat. Après des années durant lesquelles des
substances chimiques ont été mises sur le marché sans que l’on étudie
suffisamment leurs effets secondaires, la procédure REACH * va permettre de
tester des produits potentiellement dangereux. Nous sommes mieux protégés et
nous rattrapons notre retard. Mais il reste encore beaucoup à faire et nous
devons parfaire ce système. Reach pourrait être même plus sévère en ce qui
concerne la reprotoxicité ou l’association néfaste de plusieurs substances
différentes. Nous ne sommes pas, en effet, soumis à une seule substance dans
notre environnement.
Même si nous n’avons pas la possibilité immédiate
d’interdire un produit chimique, il ne faut pas hésiter à informer les gens de
sa dangerosité potentielle. Nous devons inciter les consommateurs à regarder
les étiquettes et à choisir en connaissance de cause les produits qu’ils
utilisent.
Nous savons maintenant qu’une femme enceinte est
susceptible de transmettre la pollution chimique à laquelle elle est exposée à
son fœtus. De la même façon que l’on informe les futures mères sur le danger
des fromages au lait cru, je crois qu’il serait important d’expliquer que
certains types de cosmétiques dont on s’enduit le corps pourraient être
néfastes à la santé du fœtus et qu’il est préférable d’utiliser des PRODUITS
BIO.
Propos recueillis
par Emmanuelle Friedmann, journaliste à la Croix
* Système Européen d’enregistrement
(Registration), d’évaluation (Evaluation) et d’autorisation (Autorisation) des
substances chimiques (Chemicals). Elle couvre le contrôle de la fabrication de
l’importation, de la mise sur le marché et de l’utilisation des substances
chimiques. Il a pour originalité d’inverser la charge de la preuve : ce
sont les industriels qui doivent démontrer que leurs produits ne sont pas
néfastes pour la santé et l’environnement.