EDITO
A chacun son groupe de bactéries intestinales
Un consortium de chercheurs vient de découvrir que la flore intestinale se divise en trois entérotypes à la manière des groupes sanguins.
Est-ce un nouveau chapitre de la santé humaine qui est en train de s’ouvrir ? Au début du XXe siècle, la découverte que l’humanité se divisait en quatre groupes sanguins A, B, AB et O a permis à la transfusion de faire un pas de géant. Avec la mise en évidence que notre flore intestinale se divise en trois groupes distincts, c’est peut-être une révolution de la même ampleur qui se profile. Après s’être livré l’an dernier à un recensement de l’ensemble des gènes des bactéries (métagénome) qui peuplent nos intestins, le consortium international de chercheurs va donc un cran plus loin avec le découverte de ces trois groupes intestinaux ou entérotypes. Que vous soyez Français, Danois ou Japonais vous appartenez forcément à l’un des trois groupes, Bactéroides, Prévotella ou Ruminococcus. Chacun d’eux est nommé d’après la bactérie qui prédomine mais chaque entérotype n’a pas une composition gravée dans le marbre. Il peut évoluer d’un individu à un autre mais conservera dans les grandes lignes une population générale commune. « Il faut les considérer comme des constellations particulières de microbes », précise Dusko Ehrlich, de l’Inra de Jouy-en-Josas (Essonne) coordinateur de l’étude.
« Un peu de la même façon qu’on le ferait avec trois écosystèmes différents, comme la forêt amazonienne, une prairie et une savane africaine. Elles peuvent avoir des espèces en commun mais il est impossible de les confondre entre elles ».
Pour les chercheurs, la découverte de ces entérotypes fut totalement inattendue. Plus de 200 personnes en tout, originaires de trois continents, ont pour l’instant, corroboré ces résultats. L’Afrique entre autres, manque pour l’instant à l’appel et un plus large échantillon d’individus sera nécessaire pour affiner ces données mais Dusko Ehrlich fait le pari que ces trois entérotypes se retrouvent à un niveau mondial.
Si, sans l’état de nos connaissances, l’appartenance à un groupe plutôt qu’un autre ne semble dépendre ni de l’âge, ni de l’état de santé, pas plus que de l’origine géographique de la personne, cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’a aucune incidence. « Est-ce notre système immunitaire ou nos gènes qui font que nous avons un entérotype particulier ? » s’interroge Dusko Ehrlich « Nous n’en sommes qu’au début mais la compréhension de l’impact que nos hôtes bactériens ont sur nous ouvre des perspectives passionnantes pour la médecine ou l’alimentation personnalisées ».
Hervé Ratel (Sciences et Avenir n°772)
Virologie : La sharka menace les vergers (extrait)
Le virus de la sharka est une maladie des pêchers, abricotiers et pruniers. Les feuilles se couvrent de petites taches, les fruits se déforment et se nécrosent. La maladie est arrivée de Bulgarie à la fin des années 1980, et depuis elle prospère. Quel est le vecteur du virus ? Les pucerons. L’Inra a répertorié pas moins de 20 espèces porteuses du virus de la sharka. La seule solution est de couper les arbres et de les brûler. Pour éviter ces solutions radicales, la recherche porte notamment sur des gènes de résistance au virus. Le programme européen « Shar Co » a permis de créer par hybridation une variété d’abricotier résistant à la sharka, qui pourrait être commercialisée en 2012. Mais les recherches seront encore longues pour les pruniers et les pêchers.
Il y a urgence, les ravages vont croissant. Ainsi les géminivirus affectent désormais tomates, concombres, salades de toutes les zones tropicales de la terre.
Loïc Chauveau (Sciences et Avenir n°772)
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