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Notre histoire...

A l’origine 2 couples, Marie-thérèse et Pierre, Odile et Jean, qui se soignent depuis quelques années par les médecines naturelles et plus particulièrement l’homéopathie Convaincus qu’il vaut mieux prévenir que guérir, ils pensent qu’il faut d’abord manger bien c’est-à-dire manger sain et équilibré mais constatent que les produits sains sont très chers, réservés à une élite, dans des magasins spécialisés. Membres de l’A.C.O., au retour d’une retraite du mouvement, autour d’un pot, ils projettent l’idée d’un groupement d’achat. L’histoire se passe au début des années 1980, c’est la belle époque de l’agriculture productiviste. Dans le même temps un ami kiné remet en cause sa façon de soigner. Un couple d’agriculteurs bio évolue vers la biodynamie. Un autre couple venant d’acheter un ensemble de vieux bâtiments à Denain souhaite y voir se développer des activités sociales. La réunion de ces différents cheminements a abouti à la création de Capucine, association de consommateurs de produits biologiques en décembre 1981 (régie par la loi de juillet 1901).

Pourquoi CAPUCINE ?

Parce que cette belle fleur a des effets bénéfiques dans les 3 domaines où nous voulions nous investir :

  • la santé, c’est le premier antibiotique naturel.
  • la nourriture, ses pétales décorent les salades et ses fruits dans le vinaigre remplacent les câpres.
  • le jardinage, au milieu des tomates elle les protège des maladies.

L’activité de Capucine se décline dans ces 3 domaines par un groupement d’achats , une bibliothèque, une feuille mensuelle " Coop’info " et des rencontres-débats. L’idée a germé en février 81, l’association est née en décembre 81. Entre deux, Pierre nous a quittés trop tôt en avril. La volonté des membres fondateurs s’exprime ainsi dans les statuts : " Produire, acheter et répartir des produits biologiques ou d’origine naturelle. Permettre au plus grand nombre de personnes d’y avoir accès. Promouvoir les méthodes naturelles dans le cadre de la qualité de la vie (artisanat, jardinage, créativité, échanges) et dans la santé. Permettre à tous ceux qui sont en quête de " mieux-vivre " de trouver des moyens de recherche à tous les niveaux des activités humaines. " et se décline suivant trois axes :

  1. accès pour tous aux produits de qualité
  2. information et formation
  3. création et pérennisation d’emplois
  • Axe 1 : Capucine n’est pas une épicerie sociale (celles-ci sont par ailleurs très utiles et à développer). On ne demande pas aux adhérents le montant de leurs revenus. La pratique de l’association consiste à raccourcir, quand c’est possible, les circuits producteur-transformateur-distributeur-consommateur et de réduire au maximum la marge commerciale. Capucine est dans le secteur commercial classique, avec ses contraintes et sa fiscalité. Par contre elle ne reverse aucun bénéfice à ses membres et ne reçoit aucune subvention.


  • Axe 2 : Dès le départ une bibliothèque de prêt ou d’achat de livres a été mise en place ainsi que l’organisation de soirées-débat dans les domaines de la santé, de l’alimentation et du jardinage. Notre conviction est qu’on peut manger bien et sainement avec un budget réduit. Cela nécessite un changement dans nos habitudes et le développement de structures comme Capucine.

  • Axe 3 : L’activité de l’association a débuté autour de dix familles avec une permanence mensuelle, gérée par les bénévoles. Assez rapidement les adhésions sont venues et on est arrivés à une permanence hebdomadaire. C’est l’époque de la mise en place des contrats aidés et pour nous l’opportunité de réaliser notre souhait de création d’emploi. C’est ainsi qu’Annie a été embauchée.

Au bout de 20 ans :

  • Capucine a le mérite de toujours exister et de progresser (nombre de coops de ce type ont arrêté depuis) et compte 300 familles adhérentes.
  • Deux emplois à temps plein plus quelques heures de nettoyage hebdomadaires (assurées par l’association Solidarité Proximité Services Valenciennois).
  • L’arrivée chaque année de nouveaux membres qui découvrent les produits bio ainsi que les producteurs et transformateurs locaux.
  • C’est un lieu d’échange, de partage, de convivialité grâce en particulier à la compétence de nos permanents.
  • C’est le rassemblement de personnes très différentes, socialement et philosophiquement :
  • un regret, l’attitude de quelques adhérents qui viennent en " consommateurs " au sens négatif du terme.
  • à l’inverse quelques réactions d’adhérents à une enquête faite par une élève éducatrice spécialisée venue en stage :
  • “Je privilégie d’acheter pour aider à se développer les plus petits, surtout qu’eux-mêmes font beaucoup d’efforts pour nous vendre bio”.
  • “J’aime la dimension humaine de Capucine, l’accueil et la convivialité, la gentillesse d’Annie et Olivier en Capucine dans la pratique plus de la compétence”.
  • “Les échanges verbaux, très enrichissants pour tous et qui nous rapprochent de la vraie nature, de la VIE” Capucine dans la pratique .
  • Une feuille d’information " COOP’INFO " mensuelle .
  • Cinq permanences par semaine.
  • Des rencontres-débats sur des thèmes se rapportant à la santé, la nourriture et le jardinage.
  • Une bibliothèque de prêt de livres.
  • Le partenariat par la diffusion des produits d’Artisans du monde, d’Andines (café, thé....), les produits labellisés Max Havelaard, de Bio-Cambrésis ainsi que l’accueil des producteurs locaux.

Capucine et l’emploi :

  • Deux emplois à temps plein et un temps partiel (par la SASE).

Capucine fait une concurrence déloyale au commerce traditionnel ?

  • NON.
    Notre mode de fonctionnement, l’investissement de bénévoles, l’absence de profits explique les prix pratiqués qui sont inférieurs à ceux du commerce traditionnel alors que nous sommes soumis aux mêmes impôts. Nous nous situons comme structure d’incitation à consommer " autrement ".

La dimension éthique et solidaire le commerce équitable :

  • Nous essayons, dans cette société de marché et de profits, de rester fidèles à nos idéaux. Cà commence par un commerce équitable avec les petits producteurs locaux en réduisant notre marge pour favoriser leurs produits. Nous travaillons avec Biocambrésis, une entreprise d’insertion pour les potages et légumes déshydratés. Nous développons les produits du commerce équitable Nord-Sud et participons à des animations et débats dans ce domaine. A ce sujet, nous insistons sur le fait que l’équité doit être vérifiée d’un bout à l’autre de la chaîne producteur-consommateur (Un hyper vendant du café labellisé " commerce équitable " inclue-t-il les conditions de travail et de rémunération de son personnel dans la dimension équitable ?).

Les finances En ce qui concerne la gestion, nos réserves financières sont placées au Fonds Commun de Placement d’Habitat et Humanisme.Chaque année, une somme est envoyée au Père Pédro à Tananarive. Cet argent provient de la vente de noix données par des membres du C.A..

L’insertion Après l’embauche d’Annie (voir plus haut), le nombre d’adhérents augmentant, on a pu en 1998 recruter Olivier d’abord en CES puis en CEC et aujourd’hui en CDI à temps plein. Aujourd’hui Annie et olivier assument pleinement la responsabilité du fonctionnement de la coopérative.

Remarque du rédacteur : Cette expérience n’a rien d’extraordinaire, par contre elle est assez originale. Son originalité repose d’abord sur son mode de fonctionnement, c’est une entreprise qui fait du commerce avec un statut associatif. C’est la volonté des responsables, qui considèrent qu’à partir du moment où il y a une participation au capital d’une société et redistribution des bénéfices éventuels, on risque de perdre cette cohésion et cette foi associative. Elle prouve qu’avec de la confiance, de l’accompagnement, de l’exigence et de la rigueur, des personnes en difficulté peuvent assumer des responsabilités. Elle montre qu’on peut faire de l’insertion dans le circuit économique traditionnel, sans subventions. Elle montre qu’il est possible de changer les habitudes des consommateurs (avec du temps et de la persévérance). En effet, avec deux emplois à temps plein, l’ouverture au public n’est que de cinq demi-journées par semaine. Cela permet au personnel d’avoir le temps de gérer les stocks et les rayons d’une part et d’être entièrement disponibles aux clients d’autre part. Toujours dans les habitudes consuméristes, pour qui connaît le local, il constate qu’on peut faire commerce en faisant abstraction du décor (si, en échange, on propose des prix attractifs pour des produits de qualité).

 
 


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